18h30… Un premier coup de patin. Malgré quelques mois d’absence, la saison s’annonce plutôt bien. Les gars se lancent quelques rondelles, se réchauffent, alors que d’autres reprennent leur souffle. Soudain, le sifflet de l’arbitre se fait entendre. Le premier match de l’année va commencer pour des milliers d’amateurs de hockey communément appelés «Ligues de garages».
De ce nombre, une équipe ID-3. Loin d’être connue, elle inspire tout de même le respect. Après tout, il s’agit de réguliers. Dans quelques minutes, ce sera à leur tour d’entrer sur la glace. Sylvain Archambault, capitaine de l’équipe, les motive tout en leur rappelant les règles de base du jeu, surtout aux défenseurs… Des rires éclatent alors que certains confrontent leurs idées sur qui va gagner la coupe Stanley.
Heureux que la saison de la Ligue Nationale de Hockey (LNH) commence, certains se sont ennuyé plus que d’autres. Demandez à Jocelyn, assistant capitaine sur l’équipe ID-3 et frère de Sylvain.
« Moi et mon frère on a suivi le camp d’entraînement à Hamilton afin de savoir qui serait rappelé à Montréal. Quand Guillaume Latendresse fut retranché et retourné à Drummondville, je dois te dire que j’ai été insulté. J’ai alors écrit au Canadien de Montréal et crois moi, ils m’ont répondu pour me dire… <<Finalement pour des gars qui se sont trompé après six matchs, on est pas si pire quand même>> de mentionner ce dernier qui prétend qu’à la fin de novembre 2005, alors qu’il y avait plusieurs blessés, Latendresse aurait probablement fait une différence chez le Canadien.
Véritables passionnés, il suffit de s’entretenir avec les frères Archambault pour constater que le hockey c’est bien plus qu’une histoire de famille, c’est toute leur vie.
«Étant plus jeunes, moi et mon frère on jouait au hockey dans la maison avec de vrais bâtons. Une fois les parents partis, on s’installait dans le couloir. Mon but était derrière la porte et celui de Sylvain au fond de la salle à manger. À chaque fois, il y avait des contacts entre nous, car on passait (full pine) à vive allure dans le couloir » de raconter Jocelyn, lui dont l’enfance se résumait avec son frère à dormir, manger et jouer au hockey.
Comme la majorité de ceux qui rêvent de devenir de grands joueurs de hockey, Sylvain et Jocelyn ont joué dans la plupart des ligues de jeunes avant de connaître un temps d’arrêt. Mais lorsque tu carbures au hockey 365 jours par année, c’est comme une drogue, tu ne peux t’empêcher d’y jouer.
C’est alors que naît, vers 1997, leur première équipe de garage «Archambault Net» qui deviendra par la suite ID-3. «Le premier gars que l’on a appelé c’est Steve Litalien. Au début, on jouait à l’aréna de St-Léonard. Là bas, tu n’avais qu’à être inscrit pour jouer l’un contre l’autre, c’était démotivant pour les joueurs. Il n’y avait aucune structure d’organisation contrairement aux 4 Glaces ou tu retrouves des centaines de clubs divisés en ligue par force. À St-Léonard, il arrivait parfois que l’on joue sans arbitre ou juste avec un. Ça nous insultait et pourtant on payait pour ça», de raconter Jocelyn qui tenait à préciser qu’aux 4 Glaces, tous les matchs et résultats des équipes ainsi que les statistiques des joueurs sont publiés chaque jour en ligne.
Une passion qui se transmet
Si vous croyez que chez les Archambault le hockey ne se limite qu’à regarder la télé afin de suivre les matchs ou de jouer dans une ligue de garage, sachez qu’ils sont à la hauteur des Ron Fournier et Michel Villeneuve. D’ailleurs si j’étais TQS, je m’empresserais d’inviter à 110 % les frères Archambault et leur comparse André Lefebvre pour un débat de type télé-réalité et croyez-moi, vous auriez droit à tout un show.
Chaque matin, Jocelyn prend le temps de lire tout le cahier des sports de la Presse. Il écoute plusieurs fois les mêmes nouvelles sportives autant à la télé qu’à la radio. Au bureau, il visite quotidiennement tous les sites sportifs intéressants, sans oublier les interminables discussions matinales avec les gars au bureau. Interrogé sur le nombre d’heures investies pour sa passion du hockey, Jocelyn répond :
«Moi et mon frère on écoute les amateurs de sports, tous les matchs en direct, les débats à 110% et à la radio, les reprises des matchs à RDS en une heure. Si l’on ne se retient pas, on s’appelle plusieurs fois durant les matchs. De plus, si on est encore debout vers 1 heure du matin on écoute les nouvelles du sport vers 2 h. Tout ça pour arriver au bureau vers 9h et parler uniquement de Hockey, parfois jusqu’à midi».
Cette passion du hockey fait partie de leur mode de vie. Malgré les inconvénients que cela peut amener, chacun des employés est libre d’en parler ou non. Ceux qui veulent travailler en paix n’ont qu’à mettre leurs écouteurs. Conscients de la situation, Jocelyn, Sylvain et André Lefebvre ont alors décidé de créer «Radio Blitz», une radio Internet en ligne afin de minimiser les discussions de hockey au travail. Le tout se passe avant les matchs des Canadiens.
«Le concept de notre radio, ce n’est pas de faire comme Ron, de faire comme CHFANS, CKAC ou de faire des émissions de radio avec des chroniques, le concept en arrière de ça c’est plus de se parler spontanément 4-5 gars passionnés et de capter les discussions comme si vous étiez dans notre salon. Il n’y a aucune censure ou structure. Il arrive même qu’on s’obstine, parle fort et que les débats soient chauds, mais on reste tout de même des fans et des amis. Parfois des gens nous écrivent durant l’émission pour nous donner leurs commentaires», de raconter Jocelyn qui souligne que les amateurs de hockey peuvent toujours se rendre sur le site de Radio Blizt pour réécouter les anciennes émissions.
Lors d’un match, ils analysent en direct les moindres gestes et stratégies des entraîneurs. Statistiques en main, ils commentent le travail de chacun des joueurs. Ils sont pratiquement imbattables sur le sujet.
Un pool de type « mise au jeu », a également instauré à l’interne entre eux, afin de miser sur les matchs de la semaine. Chacun y va de sa prédiction et met son argent dans le pot. Si personne ne gagne, l’argent servira à acheter des billets pour les futurs matchs des Canadiens et ainsi se payer du bon temps.
Des fans sans pitié
Fans à jamais du Canadien à en devenir malade,dans les moindres recoins de leur corps, les frères Archambault sont sans pitié lorsqu’un joueur du Canadien quitte l’équipe où ne fait pas son travail. Quand le Canadien perd, ils ne veulent rien savoir.
«On aime ou on aime pas. Si tu portes le chandail des Canadiens, on va t’aimer. Si tu l’enlèves, t’es un moins que rien», de dire Jocelyn qui se défend bien de ne pas être groupie. «Tu ne nous verras jamais attendre à l’arrière du Centre Bell pour obtenir un autographe d’un joueur».
Mais comment cela se passe-t-il à la maison ?
«Quand je suis avec ma blonde à la maison j’essaie de me modérer. Quand je vais souper chez la belle famille et qu’il y a un match, c’est clair, ils savent que je vais sortir de table lorsque le match va commencer», de ricaner Jocelyn.
Il est clair que le hockey a toujours et continuera à faire partie de leur vie. Comme la majorité des sportifs que l’on peut rencontrer dans les arénas. Malgré leur passion, Jocelyn nous rappelle qu’il ne faut pas oublier les conjointes puisqu’elles partagent notre vie et ce, même si parfois la passion du hockey prend plus de place.
Ce qui devait être au départ une histoire banale sur une simple équipe de hockey communément appelée ligue de garage, est devenu le portrait de milliers de sportifs qui s’investissent chaque année dans leur sport préféré… Le Hockey.
Pour connaître la suite de leur histoire branchez-vous les mardis soir à Radio Blitz à l’adresse http://www.blitzhockey.net/
Source : Sports Juniors Magazine, Volume 1, mars 2006
Par Alain Harvey, editeur@sportsjuniors.com
Rédacteur en chef, Sports Juniors Magazine




