Le cas du jeune Louis Leblanc n’est certes pas le premier ni le dernier à relancer le débat concernant l’encadrement scolaire au sein de la Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec.
Bien que le principal intéressé ait avoué, jeudi dernier, que c’était un choix d’étude et qu’il n’avait jamais sérieusement pensé à venir jouer dans la LHJMQ, l’organisation des Foreurs de Val d’Or, qui en avait fait leur premier choix au repêchage l’an dernier, a toujours gardé espoir de le voir évoluer au sein de leur formation.
Un risque lourdement calculé, puisqu’il soit maintenant acquis que le jeune Leblanc a signé avec l’Université d’Harvard dans la NCAA.
« On ne savait pas exactement vers quoi on s’en allait au début, mais on avait décidé de prendre une chance. On savait qu’il avait déjà mentionné qu’il voulait aller au niveau universitaire, mais on a décidé de prendre une chance quand même puisqu’on savait que s’il venait jouer dans la LHJMQ, Val-d’Or était une bonne option », de souligner Éric Lavigne lorsqu’il a été rejoint par Sports Juniors, lundi en soirée, afin de commenter la situation.
Évidemment, Louis Leblanc aurait été, sans contredit, un joueur de concession pour les Foreurs, mais voilà, l’organisation aura été impuissante face au clan Leblanc puisque la décision qu’a prise le jeune homme de 17 ans n’avait rien de négatif envers les Foreurs de Val-d’Or. En fait, Louis Leblanc veut tout simplement obtenir un diplôme universitaire tout en gardant la Ligue nationale comme étant son objectif premier. Et pour lui, aucun doute que la LHJMQ ne pouvait remplir ces aspirations.
Bien que certaines formations de la LHJMQ n’arrivent pas à fournir un encadrement scolaire adéquat, en raison des nombreuses parties jouées sur la route, il faut toutefois préciser que la LHJMQ fait tout en son pouvoir pour améliorer le rendement académique de ses joueurs, sans oublier que la LHJMQ représente le meilleur endroit pour s’améliorer en tant que joueur de hockey
Mais voilà qu’au-delà de son développement, le jeune d’aujourd’hui sait que demain sa carrière de hockeyeur pourrait bien se terminer subitement à la suite d’une grave blessure se retrouvant devant rien pour le reste de sa vie. De ce fait, doit-on questionner la décision du jeune Leblanc? Certainement pas! Quoi qu’il en soit, les Foreurs de Val-d’Or auront cru en leur chance jusqu’au bout de préciser Éric Lavigne.
« C’est certain que c’est désappointant, mais on a su, après avoir discuté avec lui, qu’il préférait l’option universitaire. On va continuer à être patient et le garder sur notre liste. On verra ce qui arrivera dans le futur. »
Advenant que la porte soit définitivement fermée, le nouveau règlement de la LHJMQ permet aux équipes d’obtenir un choix compensatoire si une équipe libère un joueur qu’elle a sélectionné alors que ce dernier ne se présente pas avec cette formation. Il était donc plus facile pour les Foreurs de prendre un tel risque bien que cela ne remplacera pas nécessairement la perte. De ce fait, si les Foreurs libèrent Leblanc, ils obtiendront le 36e choix. À ce sujet, la direction a tout de même l’intention de demeurer patiente. De plus, à écouter Éric Lavigne, le dossier n’est pas clos.
« Avec le nouveau règlement, c’était un choix calculé. On sait qu’on va avoir une compensation plus tard. Pour nous, ce n’est pas terminé, il sait que, si jamais il prend la décision de revenir junior, la porte des Foreurs sera grande ouverte. »
Mais quand pense la LHJMQ
Pour le commissaire Gilles Courteau, la décision du jeune Leblanc ne fut pas une grande et réelle surprise puisque ce dernier avait déjà affiché ses intentions dès le départ.
« Je me demande même pourquoi les Foreurs l’ont réclamé quand même. Il avait mentionné haut et fort qu’il voulait continuer sa carrière dans une Université américaine. Je respecte son choix et je lui souhaite bonne chance. »
En entrevue, le jeune Leblanc a avoué avoir rencontré plusieurs formations de la LHJMQ, avant la séance de sélection, dont les Remparts de Québec. De plus, ces derniers étaient même prêts à lui donner de l’argent pour obtenir ses services. Interrogé à ce sujet, Monsieur Courteau avouait ne pas savoir que le jeune Leblanc avait parlé avec d’autres organisations que celle de Val-d’Or.
« Le même discours a toujours tenu la route en ce qui concerne Louis Leblanc sur la place publique, même langage, qu’il allait jouer aux États-Unis, alors je ne me suis pas vraiment préoccupé de ce dossier. Dans le contexte où de l’argent est offert, il arrive que des équipes de la Ligue junior majeur du Québec offrent des compensations monétaires à un joueur, mais ça se donne sous forme de bourse d’études, si le hockeyeur n’est pas sélectionné et n’atteint pas la LNH » de préciser M. Courteau.
Lourde perte
Lorsque la Ligue perd un joueur de cette qualité, il est évident que le sujet soit au cœur des discussions dans les bureaux de Boucherville à savoir quelle solution le circuit Courteau devrait adopter et présenter à un jeune qui désire tourner le dos à la LHJMQ. Cependant et selon Gilles Courteau, il est tout de même rare qu’un joueur choisisse l’Université au détriment de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
« C’est une infime minorité, qui est éligible à être sélectionné, qui se dirige ailleurs que chez nous. À la LHJMQ, le travail est fort bien fait et 98 % des jeunes hommes se produisent dans notre circuit », conclut le grand patron.
Bref, même si l’état-major des Foreurs garde les livres ouverts dans ce dossier, il faut demeurer réaliste et faire une croix sur Louis Leblanc. Avec le repêchage qui approche, il serait étonnant de voir les Foreurs prendre à nouveau des risques comme ce fut le cas l’an dernier.
« On va essayer de se donner une chance. On a des places dans l’alignement, il y a des postes qui sont disponibles, alors on va faire en sorte, surtout dans nos trois premiers choix, que ce soit des joueurs qui pourront porter l’uniforme des Foreurs dès l’an prochain », de conclure Éric Lavigne qui a également mentionné qu’il y avait beaucoup de négociations présentement concernant les joueurs de 20 ans.
Espérons que le cas de Leblanc sera en faire réfléchir plus d’un et que tous les aspects du dossier de l’encadrement scolaire seront réévalués afin d’éviter dans le future, l’exil de nos talents québécois vers des équipes américaines.
Propos du commissaire recueilli par Nataly St-Gelais.




