BENOIT GROULX A CHANGÉ MA VIE

Publié le :01 juin 2008

On aura beau critiquer la LHJMQ et mettre en doute la formation qu’elle donne aux jeunes, si l’on en juge seulement par la maturité de Claude Giroux, il faut reconnaître la qualité des résultats.

 

Des astres bien alignés

Pour utiliser une analogie, disons que Claude Giroux s’est présenté aux Olympiques de Gatineau avec trois bonnes cartes dans son jeu : il ne quittait pas sa famille ; il connaissait un peu la région ; il parlait les deux langues d’usage dans le hockey au Québec. À l’inverse de la très grande majorité des recrues de la LHJMQ, Giroux n’a pas eu à surmonter les difficultés d’adaptation reliées à la vie en pension, au déménagement dans une ville inconnue et à l’apprentissage d’une langue.

Même si Giroux se trouvait donc dans une situation privilégiée en débarquant chez les Olympiques à 17 ans, il n’empêche que son passage dans le circuit Courteau, et par Gatineau en particulier, l’a façonné d’une admirable façon. Pour Claude Giroux, l’élément-clé de cette transformation, qui l’a fait passer d’adolescent tire-au-flanc, nonchalant, à jeune homme structuré, s’appelle Benoit Groulx. « Il a changé ma vie », déclare le Franco-ontarien de son entraîneur. Quant à Groulx, il ne tarit pas non plus d’éloges envers son (déjà) ancien joueur dont il vante le courage et le leadership.

 

L’influence de Benoit Groulx

Mais quelle influence Groulx a-t-il pu avoir sur le magicien des Olympiques ? On aura du mal à le croire, mais Claude Giroux a déjà eu tendance à se reposer sur ses lauriers. « Benoit m’a toujours poussé un peu plus, plus, et encore plus. Il m’a fait travailler dur. Avant d’arriver à Gatineau, je me fiais surtout à mon talent facile. Benoit a changé tout ça ; il a changé ma vie. »

 

Groulx répète à qui veut l’entendre qu’il tient à faire affaire avec des joueurs qui sont de bonnes personnes. Quand on demande à Claude Giroux s’il se considère une bonne personne, il reconnaît que l’étiquette lui convient. « Le respect des autres est une de mes forces. Tout le monde a droit au respect : la recrue, le vétéran, le meilleur pointeur, l’autre un peu moins fort. Et il faut ça absolument dans une équipe. Si ce n’est pas là, il faut réagir. C’est ce que nous avons fait quand nous avons eu un nœud, un cancer dans l’équipe l’année dernière. On en a parlé à Benoit, et tout s’est réglé. » À propos du respect des autres, qui constitue une des raisons de son leadership, Claude Giroux dit être allé à la bonne école : « Il y a Benoit, mais mes parents m’ont bien élevé en m’apprenant eux aussi à respecter les gens. »

 

« Et Benoit, ajoute Giroux, m’a appris la confiance en moi. Confiance et respect, ces qualités-là font les leaders et elles vont me servir toute ma vie. »

 

 

Le héros malgré lui

On n’a pas à interroger longtemps les partisans des Olympiques pour se rendre compte qu’ils se sentent déjà  « orphelins » de Claude Giroux. Mis devant le fait que ses admirateurs de Gatineau ont sans doute autant de mal à le voir partir que lui n’en a à quitter le cocon de l’aréna local, Giroux laisse libre cours à ses émotions : « Je ne veux pas trop y penser, mais, je sais… Moi, je n’oublierai pas leur façon de crier mon nom dans les estrades (Giroux fait allusion aux ovations du type Girououououououououououx qui ont fait souvent trembler le Centre Robert-Guertin), ça donne tout un feeling, c’est tellement stimulant. »

 

Le protégé des Flyers de Philadelphie refuse le titre de héros. « Je suis simplement chanceux, j’ai du talent. » Il n’ignore pas que son influence dépasse la patinoire ou le vestiaire des joueurs. Mal à l’aise devant une comparaison avec Maurice Richard et l’importance de celui-ci dans la reconnaissance des Canadiens-français dans la LNH, Claude Giroux reconnaît tout de même avoir fait sortir un peu plus de l’ombre sa ville natale de Hearst, à la suite du hockeyeur Claude Larose, autrefois des Canadiens de Montréal (1962-1967 et 1970-1975). Il ne se prend pas pour le redresseur de torts des Franco-ontariens, mais il ne peut s’empêcher de faire un pied-de-nez gentil aux recruteurs de la Ligue de l’Ontario, qui ont parfois négligé les jeunes joueurs de sa région.

 

Si on reste dans le domaine des ressemblances et qu’on lui signale que certains repèrent en Claude Giroux les qualités humaines et la classe d’un Jean Béliveau, on voit passer dans les yeux de Giroux un mélange de fierté et de panique : « Wow ! Il y vraiment du monde pour dire ça ? Mais je suis loin d’être arrivé là ». Le public est bien conscient que le jeune Giroux n’atteindra pas la stature d’un Béliveau du jour au lendemain, mais il a détecté en Claude Giroux la fougue, la flamme bien contrôlée qui fait partie du bagage des vrais gentlemen du hockey.


Catégorie | Olympiques de Gatineau

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