Publié le 5 janvier 2009 • Par Sports Juniors
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Le Canada est champion!
On avait fait reposer l’issue du match sur un duel entre deux hommes : l’attaquant John Tavares et le défenseur suédois Viktor Hedman. On avait aussi dit que tout se jouerait entre Jacob Markstrom et Dustin Tokarski.
Un but du Canada à la trente-huitième seconde de jeu
Très tôt, la Suède va en punition, soit à 38 secondes; en moins de deux, P.K. Subban (Hodgson, Eberle)) saute sur la rondelle pour la porter derrière Markstrom. On sait qu’il se transforme en attaquant, et en marqueur, en avantage numérique.
Après 2 1/2 minutes, les Canadiens ont menacé Markstrom 7 fois; un seul tir au but pour les Suédois. On imagine facilement l’intensité du jeu du côté d’Équipe Canada. C’est dire que le gardien Markstrom garde son équipe dans le match.
La nervosité du premier but passée, l’échec avant des Suédois est soutenu et les Européens provoquent des erreurs chez les Canadiens. Les Suédois sont apparemment très confiants comme en fait foi leur agressivité. Mais ils dépassent la limite puisque le Canada profite d’un deuxième avantage numérique.
La Suède est en supériorité numérique du fait d’une pénalité à Della Rovere (sa septième du tournoi). Les Suédois ont beau s’acharner dans la zone d’ÉCJ pendant presque toute la durée de la punition, ils sont contrés dans leurs élans par l’équipe canadienne.
Si les Canadiens ont commencé le match en force, les Suédois se sont bien repris et se sont modelés pour offrir du jeu de même calibre que celui de leur rivaux. Le nombre de tirs au but reflète bien le rattrapage réussi : Canada 13, Suède 12.
Au terme de la première période, Pat Quinn devait être fier de ses hommes, en particulier de Subban. Il serait injuste de ne pas souligner la performance exceptionnelle d’Angelo Esposito qui a montré combien intelligemment il sait se servir de sa vitesse.
Esposito : une douce revanche
Quatre infériorités numériques qui ne rapportent rien à la Suède
Subban connaît un début de période remarquable : présent à l’attaque; efficace à la défensive, il protège bien Tokarski.
Un accrochage accidentel d’Angelo Esposito contre le gardien suédois vaut au joueur canadien une rouée de coups de Hedman, le géant suédois de 6 pi 7 po. Les Canadiens ont le choix de répondre soit par l’intimidation soit par l’intensité. Ils optent pour l’acharnement et se vengent de la meilleure façon qui soit : d’un revers précis, Esposito (Di Domenico, Tavares) marque son troisième but du tournoi et donne une avance de 2-0 à ÉJC.
Esposito retient encore l’attention, mais s’en serait bien passé : il est chassé deux minutes. L’attaque massive des Suédois reste stérile, grâce notamment au travail de Evender Kane ; aucun tir au but sur Tokarski pendant l’avantage numérique.
John Tavares mène dangereusement l’attaque des Canadiens pendant quelques minutes, mais rien n’aboutit. Le moment était assez mal choisi pour faire cadeau d’un avantage numérique à l’équipe de la Suède. Cormier et Della Rovere sont condamnés au cachot. En même temps, on punit le gardien Markström.
Animosité et indiscipline donnent le ton au reste de la période; c’est ainsi queKeith Aulie s’en va en prison où il a la visite de Subban.
Malgré quatre infériorités numériques, le Canada a protégé son avance. Pourtant les Suédois ont tiré deux fois plus souvent que ÉJC en direction du gardien. Pour les Européens, 16; pour les Canadiens, 8.
ÉJC conforte son avance
ÉJC entreprend le troisième affrontement avec un homme de plus que ses adversaires. Elle ne laisse pas passer l’occasion : Hodgson augmente l’avantage du Canada à 3-0.
Les Suédois, déconcentrés, pèchent par indiscipline et se privent d’un joueur pendant deux minutes. Les hommes de Pat Quinn ne sont guère plus sages : Goloubev et di Domenico sont chassés de même qu’un défenseur suédois. L’Europe aura donc un homme en plus pendant deux minutes ; c’est sa sixième supériorité en nombre. Elle n’aboutit pas, mais à la faveur d’un mauvais jeu de Tavares, Joakim Andersson enfile le premier de la Suède. C’est 3-1.
Kane va au cachot et le gardien Tokarski, harcelé par l’adversaire, connaît des moments angoissants. Ce sera au tour de Markstöm de subir les assauts des attaquants supérieurs en nombre, le géant Hedman étant mis en punition.
Les dernières minutes sont chargées : les Suédois retirent leur gardien en faveur d’un sixième attaquant, mais la tactique échoue : Jordan Eberle marque dans un filet désert. 4-0 pour les Canadiens. Cody Hodgson récidive dans le but abandonné : 5-0.
Le but de Cody Hodgson est la clé de la cinquième médaille d’or du Canada.
L’équipe canadienne doit une fière chandelle à Guy Boucher, des Voltigeurs de Drummondville, qui a eu la responsabilité des avantages numériques. Dans la situation inverse, l’équipe canadienne s’est montrée inébranlable; en sept infériorités numériques, elle n’a concédé aucun but à l’adversaire en sept occasions. De toutes façons, le talent était au rendez-vous : celui de l’entraîneur, de ses adjoints et, bien entendu, celui, spectaculaire, des joueurs. L’extraordinaire esprit de corps des Canadiens a opéré sa magie.
Pour un gardien qu’on disait ordinaire, Dustin Tokarski, joueur du match, a bien sorti son épingle du jeu.
Parmi ceux dont on a souligné les prouesses : John Tavares, joueur du tournoi. Eberle et Subban sont les autres lauréats du trio des meilleurs joueurs du championnat.
Présents sur la patinoire au moment du dévoilement l’équipe d’étoiles : Markström, Karlsson, Tavares.
Le Canada a gagné ce soir, mais c’est contre les Russes que tout s’est joué. Il s’en est fallu de peu pour que ÉJC ne se rende pas en finale.
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