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Publié le 8 juin 2009 • Par   Imprimer cet article Imprimer cet article

Certains devront se regarder dans un miroir » – Gervais Munger

 

On  a  beaucoup parlé des cinq joueurs qui ne se sont pas présenté lors de la présentation des espoirs pendant les Assises à Moncton, la veille du repêchage. Le commissaire Gilles Courteau était dans tous ses états et certains gouverneurs  sans mots, en beau fusil. Qui est  visé dans ce scénario, le jeune, les parents, l’agent, les équipes?

« La  Ligue de hockey junior majeur n’est pas en compétition avec les Ligues américaines, mais bien avec elle-même, le problème est interne et ne provient pas de l’externe » a commenté le commissaire Courteau aux médias présent à Moncton, en furie et déçu de ce qui se présentait devant lui.

Quand il avance ces paroles, le commissaire vise les agents de joueurs qui vont rencontrer le jeune qui démontre un certain potentiel et qui dans la plupart des cas est encore de niveau bantam en lui faisant miroiter à lui et à ses parents qu’il le fera jouer pour l’équipe de son choix et tout le reste qui s’y rattache. Le jeune s’accroche à ce rêve et n’y démord pas  et quand vient le temps du repêchage et des rencontres avec les formations, il reste sur sa position et joue la game du : « si je ne joue pas pour ce club j’irai nulle part ailleurs dans le circuit, j’irai aux États-Unis.» Le jeune est maintenant à choisir l’équipe pour qui il veut évoluer. On ne voyait pas ça avant, le joueur était heureux d’aller ou on le choisissait.

De la magouille?

Selon le patron du circuit, les agents de joueurs et certaines organisations jouent un petit jeu dangereux en tentant de bluffer certaines équipes en brandissant la menace des collèges américains. « Cette mode est arrivée avec l’ère des nouveaux agents, il y a 5 à 7 ans, ce ne sont pas ceux d’expérience qui sont là depuis longtemps qui font ça, les Gilles Lupien, Robert Sauvé, Stéphane Fiset n’agissent pas ainsi, j’ai ciblé les responsables » a mentionné Courteau.

Sur les ondes de CKAC le président des Tigres de Victoriaville,  Éric Bernier,  a pointé trois équipes. Les Sea Dogs de St John, les Mooseheads de Halifax et le Junior de Montréal. Ces trois formations ont sélectionné au moins cinq joueurs qui ne voulaient pas jouer dans le circuit junior majeur québécois.  Halifax et Montréal auraient échangé  des choix pour parler plus tôt en première ronde. « Je suis un peu choqué de voir dans les médias  que le Junior jouait à l’autruche. C’est un fait connu au sein de la ligue qu’un entraineur adjoint au sein du Junior avait un lien privilégié avec Xavier Ouellet. Le père de cet adjoint était la pension du joueur. Il sera de l’alignement du Junior, ne soyez pas inquiet, on s’en reparlera en début de saison. Alors, je n’accepte pas vraiment la théorie. Moi, en tant que président et actionnaire d’une équipe, je ne suis pas sûr que j’entérine le choix d’un joueur après une transaction si on n’était pas certains qu’il jouerait avec nous. »

Les gouverneurs

Il y a aussi les équipes qui attirent les jeunes avec des compensations, chose qui met en beau fusil certains gouverneurs de la Ligue,  Jean Marcotte des Tigres de Victoriaville et Gervais Munger des Saguenéens de Chicoutimi sont de ceux qui jubilaient sur les planches  du Colisée de Moncton.

Gervais Munger, gouverneur des Saguenéens de Chicoutimi, a parlé en exclusivité à  Sports  Juniors  pour dénoncer ce qui se passe. « Il y a beaucoup de négociations entre les agents et les équipes et  c’est déplorable. Les joueurs deviennent pris en otage avant la séance de sélection. Certaines personnes devront se regarder dans un miroir et vivre avec leur conscience, car c’est tout simplement déplorable de voir aller ça. Je suis conscient que sur la  glace on se live une bataille ensemble, ce qui est fait dans les règles du jeu, mais si on commence à se battre entre nous dans un repêchage, ce qui doit être la pierre angulaire d’une ligue de hockey, là ça n’a plus de bon sens. Nous sommes là pour bâtir, pas pour se détruire et présentement c’est ce qui ce produit. Personnellement les Saguenéens n’ont pas été touchés par ces évènements, mais je parle en tant que  représentant de circuit. Il y aura de sérieux ajustements à faire à la réunion des gouverneurs en août prochain, à Baie-Comeau, nous devrons règlementer, faire signer le joueur qui dit vouloir jouer ailleurs, comme aux États-Unis, et en signant ce papier il ne pourra pas être sélectionné par une équipe de la LHJMQ » a expliqué Gervais Munger, gouverneur des Saguenéens de Chicoutimi depuis 2000.

Les gâtés

Aussi, aujourd’hui, un jeune qui vit en périphérie est content d’être recruté par une formation des Maritimes, il est positif  et se dit qu’il pourra apprendre l’anglais tout en pratiquant sa passion. Au contraire du joueur des Maritimes, qui lui, ne voudra pas s’exiler en région comme par exemple à Rouyn, il parle anglais et ne veut pas apprendre le français. Très rare ceux qui veulent faire le saut, et l’admiration est à  ces athlètes quelle doit aller, ceux qui n’ont pas peur de foncer et de se dire je veux réussir coute que coute.

Le CRS

Selon le directeur du centre de soutien au recrutement, Patrick Charbonneau, seulement quelques joueurs considèrent sérieusement la possibilité d’évoluer dans les collèges américains. « C’est quand même un point qu’il faut débattre. On ne peut pas laisser nos meilleurs espoirs jouer aux États-Unis sans essayer de les convaincre de choisir la Ligue de hockey junior majeur du Québec», explique-t-il.

« Nous avons de bons atouts et il faut faire un meilleur travail pour vendre un peu plus notre produit aux joueurs. Il faut qu’ils réalisent qu’ils peuvent continuer leurs études tout en jouant au hockey», a  précisé Charbonneau. «Personnellement, je n’aime pas le jeu qui se joue présentement, mais on est rendu là. » a conclu, M.  Charbonneau. 

En conclusion à cette aventure,  quatre des cinq recrues absentes lors de la présentation des espoirs,  se sont pointés le bout du nez le matin du repêchage et sont tous sortie en première ronde par les Sea Dogs, drôle d’adon, et joueront assurément l’an prochain au sein de cette formation. Une étude des 10 dernières années révèle que 98 % des joueurs admissibles ont finalement joué dans la LHJMQ. La morale de cette histoire est de ne pas perdre de vue que c’est le joueur qui sera sur la glace à bâtir son rêve et répondre aux journalistes après une bonne ou une mauvaise performance, pas son agent ni  ses parents. Alors, vivre et laisser vivre!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Sports Juniors Magazine
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Un commentaire »

  1. Pas facile de s’expatrier dans un pays dont on ne connait pas la langue! Sûrement plus facile lorsque cette langue est l’anglais.

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