Publié le 17 août 2010 • Par Denis Ouellet
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À la manière de Léo
Nous sommes dans une phase cruciale de la saison. C’est le moment où les gérants peuvent avoir une grande influence sur le résultat final de leur équipe en course pour une place en séries. Léo Durocher avait une façon bien à lui d’exprimer l’importance de gagner aujourd’hui. « Pourquoi ménager un lanceur pour demain ? Il peut pleuvoir, » affirmait le coloré gérant des Dodgers de Brooklyn.
C’est avec cette philosophie que les gérants des équipes encore en course pour faire les séries doivent diriger leur équipe. Certains ont bien du mal à s’ajuster quand vient le temps de gérer son personnel dans les moments clés. Gérer jusqu’en août, c’est une chose, mais gérer une bataille de tous les instants dans une lutte à finir pour garantir sa place au baseball d’octobre, c’est une toute autre histoire. Il faut savoir ménager son personnel au bon moment et en tirer tous le jus quand il le faut. Demain, ne compte plus. Il faut gagner aujourd’hui.
Le plus difficile à gérer, c’est surtout l’enclos. Il y a toujours moyen d’ajuster sa rotation en fonction de l’adversaire, mais on ne sait jamais de combien de manches on aura besoin de ses meilleurs atouts en relève, ni de combien de fois lors d’une série. Un gérant ne doit pas hésiter à utiliser son « closer » 2.0 manches s’il le faut. Quitte à envoyer plus d’un releveur pour fermer les livres le lendemain si nécessaire. Quand un gérant, évite d’user ses meilleurs releveurs en fin de saison, il risque de perdre le match qu’il a peut-être entre les mains, sans savoir si demain il aura besoin de ses mêmes artilleurs. Le risque, c’est de perdre deux matchs importants au lieu d’un. Et au mieux remporter les deux.
Il n’est plus question de ménager qui que ce soit rendu au milieu août. Les joueurs se reposeront durant l’hiver. Parmi les meilleurs pour diriger une équipe dans une course aux séries, Ron Gardenhire, Joe Maddon, Terry Francona et Tony LaRussa.
LaRussa a du mal à gérer les matchs importants, particulièrement en séries. Par contre, il sait très bien gérer l’ensemble d’une saison et la fin de celle-ci. Il utilise tout son monde sans trop se soucier du lendemain quand arrive le dernier droit de la saison. S’il croit qu’il a besoin de 23 de ses 25 joueurs pour gagner, il n’hésitera pas une seconde à le faire. Il se rendra à 25 s’il le faut à tout prix. Joe Maddon fouette ses troupes en août. Il a le don de bien faire comprendre l’importance de chaque rencontre. Tout ça, sans poser de geste de panique. Il arrive à rassurer ses joueurs en leur donnant une dose de détermination supplémentaire. Pour ce qui est de Francona, c’est au niveau stratégique qu’il apporte des ajustements. Il se garde toujours quelques cartes cachées qu’il réserve pour la fin de la campagne. Il sortira un vol de but avec un joueur qu’on n’attend pas de voir filer vers le coussin suivant, il enverra dans l’action un lanceur que l’adversaire n’aura pas encore affronté. Il n’hésitera pas à défier la logique y compris la sienne. Quant à Ron Gardenhire, c’est tout simplement le meilleur. Il va mettre se mettre la tête sur le bûché. Il gère avec ce qu’il a dans son soutien-Jacques (Communément appelé Jack-Strap ou coquille, c’est selon.). Pour lui demain ne veut rien dire quand le sprint final s’amorce. Ses joueurs se défoncent pour lui à chaque soir parce qu’ils sentent que le gars dans l’abri en veut autant qu’eux.
Il est bien possible, qu’aucun de ces gérants ne fasse les séries cette saison. Il y a toujours des facteurs qui ne se contrôlent pas. Une chose est toutefois certaine. Ces quatre hommes vont tirer le maximum de leurs joueurs et user de toutes les ressources qu’il y a dans leur équipe. Et c’est comme ça qu’on doit gérer une équipe encore en course à compter du milieu août.
Denis OuelletSports Juniors Magazine
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