Publié le 15 août 2010 • Par Denis Ouellet
Imprimer cet article
Minaya dévoré par sa création
Le directeur gérant, Omar Minaya, s’est construit une solide réputation lorsqu’il était avec les Expos de Montréal. Tous les espoirs étaient permis quand il s’est joint aux Mets de New York avec une équipe dont les propriétaires avaient les poches plus creuses. On a vite découvert son projet caché qui allait finir par le dévorer.
Avec les Expos, Minaya a fait bondir les propriétaires du baseball majeur en repoussant la masse salariale de l’équipe en tutelle. Déjà doté de quelques bons jeunes joueurs, il a dépouillé le réseau de filiales des Expos de futurs éléments clés pour amener son cheval dans une course aux séries à la fin du mois d’août 2003. La transaction avec les Indians de Cleveland pour une demi-saison de Bartolo Colon, n’était pas un coup de génie. Minaya n’en avait rien à cirer de l’avenir des Expos qui allait se retrouver sous d’autres cieux. C’est pourtant là qu’il a fait sa réputation alors que personne ne donnait cher de la peau des « Z’amours » ; il avait réussi à en faire une équipe compétitive, l’espace d’un moment. Juste assez pour attirer les regards sur lui, et obtenir un contrat alléchant pour devenir le D.G. des Mets de New York.
Pendant que les Expos quittaient pour Washington, les Nationals tentaient de reconstruire leur organisation. De l’autre côté, Omar Minaya dépensait pour amener à New York des joueurs comme Tom Glavine, Carlos Beltran, Carlos Delgado, Pedro Martinez. Puis dans le réseau de filiales des Mets, on a vu pousser les joueurs latins comme des champignons. C’est à se demandé si Minaya ne fait pas le tour de l’Amérique du Sud pour secouer tous les palmiers dans le but d’y faire tomber des joueurs de baseball. On ne s’en souciait pas trop quand les Mets ont atteint les séries. Ce fut moins joyeux depuis alors que les médias et les amateurs ont commencé à questionner l’intensité et la force de caractère de certains joueurs. On a aussi commencé à douter des compétences de Minaya qui n’arrive pas à bouger à la date limite des transactions pour aller chercher l’élément manquant à son équipe pour entrer en séries. La mèche a été allumée le jour où Billy Wagner en a eu assez après une défaite des Mets. Pris d’assaut par les journalistes, il a pointé les douches du doigt en demandant aux représentants des médias, pourquoi ils n’allaient pas poser leurs questions « à eux » au lieu de lui. « Eux » étant, tous les joueurs latins qui se sauvaient soir après soir des médias en filant sous la douche pendant que Wagner et quelques autres faisaient face à la musique.
Ces derniers coups, ont été Johan Santana. On ne peut pas lui reprocher d’avoir mis la main sur un lanceur de cette qualité. Puis, Francisco Rodriguez, un releveur de premier plan, mais à la lueur plutôt faible au troisième étage lors de ses deux dernières campagnes avec les Angels de Los Angeles. Car c’est bien au niveau de l’attitude que les Mets ont un sérieux problème. José Reyes met plus d’énergie à répéter ses « stepettes » qu’à capter des balles. Le « hot-dog » a fini par coûter des matchs importants avec des erreurs bêtes en défensive et des erreurs mentales lorsqu’il est sur les buts. Certains coéquipiers, sans compter les amateurs, le trouvent beaucoup moins drôle et amusant. Rodriguez, vient de sauter un « gasket » qui le place devant la justice. Carlos Delgado n’a pas vraiment livré la marchandise lors de son séjour chez les Mets, Carlos Beltran n’a pas toujours été un model d’intensité. Ça, c’est quand il n’est pas blessé. Encore cette saison, au mois d’août, les Mets en arrachent. Jeff Francoeur a levé son jeu d’un cran pourtant. On parle pas ici d’un joueur clé, mais il tente de faire la différence alors que d’autres tombent dans la phase du sommeil profond.
Minaya aurait bien voulu répéter ce que les Pirates de Pittsburgh ont accomplis en 1979 en remportant la Série Mondiale avec une équipe composée de plusieurs joueurs latins. L’idée, c’est que ces joueurs étaient des guerriers supportés par des joueurs comme, Willie Stargell, Dave Parker, Bruce Kison, Phil Garner, Kent Tekulve et compagnie. Personne n’avait intérêt à se laisser aller.
Le problème de Minaya, ce n’est pas son obsession pour les joueurs latins. C’est le fait de ne pas être en mesure de dénicher ceux qui sont des guerriers au lieu de choisir ceux qui n’ont que le talent.
Le monstre de Minaya est en train de le dévorer. Avant qu’il dévore les Mets jusqu’à la carcasse, il serait temps d’un changement.
(Photo: AP)
Denis OuelletSports Juniors Magazine
Écrire à l'auteur | Tous les articles de Denis Ouellet



