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Publié le 17 août 2010 • Par   Imprimer cet article Imprimer cet article

St-Pierre aux portes du paradis

Le baseball est un sport difficile, très difficile. Âgé de seulement 17 ans, et toujours d’âge à jouer dans la LBÉQ, le receveur natif de Québec, Maxim St-Pierre, faisait ses débuts dans l’organisation des Tigers de Detroit. À 30 ans, après avoir traversé l’enfer et vaincu l’alcoolisme, il a atteint le sommet de son art. Il n’est plus qu’à un coup de fil d’entrer au paradis du baseball ; Les ligues majeures.

L’ancien des Diamants de Québec de la LBÉQ, a connu au cours des premières saisons dans l’organisation des Tigers, une ascension normale pour un receveur repêché à son âge. Après avoir commencé son apprentissage dans la ligue des recrues et au niveau A-, À 20 ans, il passe toute la saison au A. L’année suivante il en fait autant au niveau A+. À 22 ans, il commence la campagne qui suit au même niveau et la termine en jouant un match au AAA à un pas des majeures. Le directeur gérant, Dave Dombrowski, déclare même qu’il voit en St-Pierre le futur receveur des Tigers. En 2003, il passe la saison complète au AA. Il représente les siens au match des étoiles de la Ligue Eastern.

Sa défensive est excellente. Un bras canon. Il a déjà la défensive d’un receveur des majeures, mais hélas pas le coup de bâton qui vient avec. En 2004 il frappe pour .248. Il passe encore la saison au AA tout comme en 2005 où il connaît sa meilleure saison en attaque avec une moyenne de .278, 5 circuits et 55 points produits. Il débute 2006 au AAA. Plus près que jamais de porter l’uniforme des Tigers. Mais malgré une bonne défensive, sa moyenne au bâton de .206 lui fait perdre son poste de receveur partant à Toledo où il termine la campagne à partager le travail.

Plus rien ne va pour St-Pierre. Les Tigers vont même jusqu’à l’échanger aux Brewers de Milwaukee. En raison de ses problèmes en offensive, ses nouveaux patrons décident d’en faire un lanceur pour profiter de son bras puissant. L’expérience n’est pas concluante. Il joue 10 matchs comme receveur au AA avec une moyenne de seulement .156. Les Brewers le libèrent. Tout porte à croire que sa carrière est terminée. On apprend ensuite qu’après avoir été libéré, il s’est lancé dans un combat contre l’alcoolisme qui lui pourrissait l’existence sans même qu’on ne le sache.    

Il frappe à la porte des Tigers en 2008. Il raconte son combat et on accepte de lui accorder une autre chance. St-Pierre ne la ratera pas. Il se bat avec Dane Sardhina pour le poste de receveur numéro 2 des Tigers. Jim Leyland n’a que du bien à dire du receveur québécois. Toutefois ont décide d’y aller pour un vétéran acquis comme agent-libre. Sardhina débute la saison au AAA et St-Pierre au AA. Il partage sa saison entre les niveaux AA et AAA. Sardhina gradue dans les majeures mais pas St-Pierre. Pourtant, Sardhina est moins solide offensivement que lui. Ce qui n’est pas peu dire. En 2009 il ne joue que 45 rencontres au AAA. Alex Avila, qui a un lien de parenté avec un membre de l’organisation, gradue aux majeures en septembre alors que l’équipe est en course pour une place aux séries. Avila a beaucoup de talent et frappe mieux que St-Pierre. Mais on peut discuter le choix du jeune receveur au lieu du vétéran solide en défensive pour une lutte à finir.

Il a débuté la présente campagne à Erié au niveau AA. Il a présenté une faible moyenne de .217 avec 5 circuits et 14 points produits en 20 parties. Ça ne l’a pas empêché de graduer au niveau AAA. Depuis, rien ne l’arrête, Il connaît ses meilleurs moments en attaque de toute sa carrière. Défensivement, il reste solide comme le rock. Toutefois, il n’est en pas à une embuche près. Une blessure le tient à l’écart du jeu. À son retour, il recommence à frapper comme une machine. Plus constant que jamais, St-Pierre maintient une moyenne de .311 avec une moyenne de présences sur les buts de .361 avec 2 circuits et 16 points produits en 31 rencontres (Chiffres au 17 août.).

Cette fois tout est en place pour récompenser la persévérance et le talent de St-Pierre. Il frappe bien et avec constance, il est patient au bâton et toujours aussi bon en défensive. Alex Avila est déjà dans les majeures. Gerald Laird y est aussi. Les Tigers de Detroit ne sont plus dans la course aux séries, et ne conservent que des chances mathématiques. Les Mud Hens de Toledo, l’équipe AAA où évolue St-Pierre ne fera pas les séries. Il ne manque plus que de placer St-Pierre sur la liste des 40 joueurs des Tigers pour le rappeler.

Il a rendu de très précieux services à son organisation. St-Pierre a aidé de jeunes receveurs, il a dirigé tous les lanceurs prometteurs de l’équipe. Cette fois, même si d’autres sont meilleurs que lui, c’est à son tour de jouer ne serait-ce qu’un match dans les majeures pour vivre ce grand rêve. Ce n’est pas une question de chauvinisme. Il s’agit d’une question de reconnaissance pour toutes ces années à avoir travaillé dur. Il a terminé son adolescence et a grandi comme homme sur les terrains de baseball. Il a aussi remporté une bataille dans sa vie privé. Maxim St-Pierre mérite de porter avec fierté l’uniforme des Tigers de Detroit qui l’ont aidé et pour lesquels il s’est consacré.


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