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Publié le 3 septembre 2010 • Par   Imprimer cet article Imprimer cet article

Les jours de Russell Martin sont comptés à L.A.

Il est fort probable que la blessure à la hanche qui a mis un terme à la saison du receveur québécois, Russell Martin, ait aussi signifié la fin de son association avec les Dodgers de Los Angeles avec lesquels il a fait ses débuts en 2006 dans le baseball majeur. Martin sera sur le marché des transactions à la fin de la saison.

Le propriétaire des Dodgers Frank McCourt est présentement engagé dans une procédure de divorce très coûteuse et il envisage de couper dans la masse salariale de son équipe. Russell Martin devient un candidat logique pour une transaction en raison de son éligibilité à l’arbitrage salariale qui lui vaudra une augmentation de salaire. Ce qui pourrait garder Martin à Los Angeles serait plusieurs autres transactions qui permettraient aux Dodgers de se départir de vétérans, ce qui est peu probable en raison de la valeur marchande de ces joueurs versus celle du Québécois.

Les Dodgers n’ont jamais répondu aux attentes avec un mélange de jeunes joueurs talentueux et de vétérans aguerris. Des morceaux n’ont pu être mis en place, et le casse-tête est resté avec des pièces sur la table. De bons lanceurs, pas de lanceur dominant, une bonne saison dans l’enclos, une mauvaise la suivante, une attaque qui manque d’opportunisme pour ensuite devenir dévastatrice, des jeunes joueurs de caractère, mais mal supportés par les vétérans, un milieu d’avant-champ fragile, un manque de puissance et pourtant une équipe solide. Bref, une formation prometteuse qui est restée qui a marché sur la ligne entre être une très bonne équipe et une équipe moyenne. Ce qui en a fait « juste » une bonne équipe. Ce qui n’est pas assez pour se rendre loin avec seulement quatre équipes par ligue pour faire les séries.

Pendant ce temps, Russell Martin a connu deux excellentes saisons derrière le marbre des Dodgers. Puis, il s’est mis à devenir moins solide. Sans avoir de conflit avec son gérant Joe Torre, disons que c’est au moment de son arrivé à la barre de l’équipe que les choses ont changé. Torre étant lui-même un ancien receveur, a tenté de faire comprendre à Martin combien il était important de prendre des jours de congé alors que le receveur québécois aurait voulu jouer 163 matchs sur 162 s’il aurait pu. Déjà, il y avait une divergence de philosophie. Torre a répété que Martin serait un meilleur frappeur lorsqu’il pourra moins chercher la longue-balle. D’ailleurs, Martin n’est pas vraiment un frappeur de puissance, mais il peut en sortir une à l’occasion bien qu’il compte une saison de 19 circuits. C’est plutôt un frappeur de double. Ce qui n’a pas changé chez Martin, c’est son incroyable capacité à s’ajuster à toutes les positions dans le rôle des frappeurs. Ça aussi, ça l’a contribué à une certaine baisse de rendement. Difficile de produire quand tu frappe second puis ensuite huitième, premier, sixième ou septième. On l’a utilisé à toutes les sauces en attaque. Parfois il doit penser but sur balles, parfois faire avancer les coureurs, parfois au champ opposé, parfois à la puissance, ça fini que par ne plus être très simple de toujours changer de place dans l’alignement. Défensivement, il a continué d’être solide, même s’il n’a pas été tout à fait aussi dominant à sa position que lors des deux premières campagnes.

Un changement d’air lui ferait grand bien. Russell Martin est un joueur de caractère qui aime salir son uniforme. Un nouveau défi lui permettrait de retrouver la hargne qui l’habitait lors de ses deux premières saisons. Lui qui voulait jouer tous les matchs et tous les gagner a aussi déclaré qu’il a  appris à relaxer en côtoyant Manny Ramirez. Avec un gérant qui te dit de te calmer et de prendre des repos, ce qui est plein de bon sens, et un vétéran qui rigole sur le banc dans une défaite de 14-0, Martin a peut-être fini par se dénaturer. Il a peut-être juste besoin qu’on le laisse tranquille et jouer comme il a toujours voulu jouer…avec quelques jours de repos bien sûr qui sont inévitables pour un receveur qui veut encore tenir en septembre. Ne plus être sur les freins le ramènera à son intensité qui lui ont valu d’être considéré le meilleur de sa profession par ses pairs.


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