Publié le 20 avril 2011 • Par Pierre-Luc Chenel
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La peur a trahi le Junior
La saison du Junior de Montréal a pris fin dimanche dernier, étant éliminé en six parties contre les Maineiacs de Lewiston en deuxième ronde. Près de 48 heures après le dernier revers, l’entraîneur-chef du Junior, Pascal Vincent, n’a pas cherché loin les raisons de cette élimination hâtive, sachant que l’équipe visait les grands honneurs. Ses joueurs étaient craintifs sur la patinoire.
« Il y avait trop de joueurs qui jouaient avec cette crainte de se faire mal. Dans les séries, marquer le gros but, bloquer un tir et aller se mettre devant le filet pour marquer, ça fait mal parce que tu es dans la zone payante. Nous ne l’avons pas fait, a déclaré la pilote. Les gars travaillaient et avaient des bonnes intentions, mais une des facettes du contrôle des émotions est le contrôle de cette peur là. On avait de la difficulté à gérer ça. »
« Cette équipe avait peur ou avait de la difficulté à gérer ses émotions, donc ça faisait en sorte qu’on devenait paralyser dans notre jeu en général. Ça se passe dans la tête. Ils [les Maineiacs] ont été plus forts que nous à ce niveau là, a-t-il continué. On ne prenait plus les bonnes décisions avec la rondelle. Nous avons été trop timides dans les batailles à un contre un. »
Un adversaire difficile
Malgré quatre victoires en autant de parties pendant la saison, le groupe d’entraîneurs du Junior savait que ce ne serait pas une partie de plaisir d’affronter les Maineiacs en deuxième ronde. « C’était une des équipes dans la LHJMQ qui pouvait patiner avec nous, a confirmé Pascal Vincent. Lewiston aurait fini plus haut au classement, mais lorsque ça allait mal, c’était long et ils ont perdu beaucoup de points au classement. Je savais en partant que ce serait une série difficile à gagner, mais que c’était possible. »
Le jeu de puissance de l’équipe montréalaise a été timide une bonne partie de la série, tandis que les Maineiacs ont été plus opportunistes avec l’avantage d’un joueur. « Notre gardien de but [Jean-François Bérubé] a fait le travail. Autant en désavantage numérique, on ne bloquait pas assez de tirs, autant qu’en avantage numérique, on n’arrivait pas à compléter les jeux », a continué Vincent qui a complété sa troisième saison derrière le banc du Junior.
Sans Hertzberg
La perte de Viktor Hertzberg a fait mal au Junior lors des séries éliminatoires. Le joueur suédois, acquis en janvier dernier, avait subi une troisième commotion cérébrale en quatre mois dans l’avant-dernière partie du calendrier. Avant cette blessure, Hertzberg avait récolté 18 points en 11 matchs et avait développé une bonne chimie avec Louis Leblanc.
« Ça l’a changé la dynamique de tous les trios. Avec Hertzberg, on pouvait se permettre de jouer à quatre trios, mais sans lui, il nous manquait un joueur sur chacune des unités. »
Une faiblesse connue
Pascal Vincent ne cache pas qu’il connaissait le plus gros point faible de son équipe avant la dernière période des échanges et voulait l’améliorer « Depuis le mois d’octobre, lorsqu’on se préparait pour la période des échanges des Fêtes, on était au courant que l’équipe ne réagissait pas bien contre des équipes qui nous dérangeaient physiquement, a admis celui qui est aussi le directeur gérant. On savait qu’on manquait cet aspect là on a tenté de remédier à ça par des échanges. »
Justement, il a avoué qu’il était intéressé aux services d’Alexandre Beauregard, un joueur qui peut distribuer les coups d’épaule, mais les Sea Dogs de Saint John avaient offert plus aux Huskies de Rouyn-Noranda. Le Junior s’était alors tourné vers Raphaël Pouliot et Alex Lemieux. « L’ajout de Raphaël Pouliot a aidé, mais pas assez.»
L’entraîneur-chef de 39 ans faisait aussi remarquer qu’il n’avait aucun joueur dans son alignement de la séance de sélection de 2008. Ces joueurs aurait eu 18 ou 19 ans cette saison.
Attentes élevées
En faisant l’acquisition Philippe Lefebvre, Charles Landry, Louis Leblanc, Francis Meilleur et Charles-Olivier Roussel pendant la dernière saison morte, le Junior montrait ses intentions de vouloir aller jusqu’au bout cette saison. L’équipe montréalaise a tout de même enregistré 46 victoires en plus de terminer au 2e rang dans la LHJMQ. Cependant, l’entraîneur-chef s’attendait à une meilleure production offensive de son équipe.
Trevor Parkes, qui a été le meilleur marqueur de l’équipe, a terminé au 34e rang dans la LHJMQ. « Malgré que plusieurs joueurs pouvaient contribuer, nous n’avions pas un joueur qui pouvait faire la différence. On n’a pas été en mesure de dominer un club comme Saint John l’a fait, a conclu Pascal Vincent. Il y a eu une belle progression, mais ça aurait pris plus qu’une saison pour leur inculquer une nouvelle culture. »
Pierre-Luc ChenelSports Juniors Magazine
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